S’émerveiller

Je viens de terminer la lecture du livre magnifique « Un an dans la vie d’une forêt ». L’auteur est un biologiste, spécialiste de l’évolution et professeur à l’université du Sud (Tennessee). Ce scientifique a choisi un petit espace circulaire d’un peu plus d’un mètre de diamètre dans une forêt primaire proche de son université. Il s’est laissé conduire par le hasard avant de retenir ce petit bout de terre. Il en a fait un mandala. Plutôt, il n’y a rien changé. Il l’a simplement contemplé comme nous pouvons le faire avec un mandala tibétain. Il y est venu régulièrement tout au long d’une année, se posant au bord du mandala et ne bougeant plus pour se faire le plus discret possible, voire pour se fondre dans la nature. Son livre est le récit de ses observations, celles d’un scientifique et d’un poète.

J’ai mis 6 mois à le lire. Le lire, c’était entrer dans un état méditatif, l’esprit libre et éveillé.
Chaque chapitre décrit une journée d’observation au fil des saisons. Les observations de l’auteur parcourent tout ce qui lui est visible, audible, odorant, sensible, du tout petit au ras du sol au très grand dans le ciel lorsque la frondaison permet au regard de la traverser. Tout est relié, microcosme et macrocosme.

Je lisais lentement. Les connaissances prodiguées tout au long des pages me fascinaient. La poésie qui sous-tend ses descriptions résonnait avec ce que je ressentais profondément. C’était la beauté du monde qui s’offrait à moi. C’était la puissance de la vie ainsi manifestée. Quarante-trois chapitres d’émerveillement ! Je ressortais de chaque moment de lecture dans un état de paix profonde.

Ce qui m’émerveille, c’est de voir comment les connaissances scientifiques ouvrent à l’insaisissable complexité de la vie, qui reflète elle-même la beauté de notre univers et dont seule la poésie peut tenter de la saisir et d’en rendre compte.

Il est de tradition au début de chaque année nouvelle de nous souhaiter le meilleur.
Alors, je nous souhaite d’être souvent émerveillé de ce qui se présente à nous, à travers nos sens … Ce qui est là chaque jour dans notre vie quotidienne.
Pour cela, nous n’avons qu’à ouvrir nos yeux, nos oreilles, nos mains, nos narines, notre intelligence,… notre cœur.

Belle année 2018 à nous tous, dans l’accueil émerveillé de ce qui se présente à nous, connu ou inconnu.

Marc Weller

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