La Connaissance de soi

J’expérimente, ô combien, depuis plus de 20 ans que la connaissance de soi est le processus de la liberté d’Être. Ce n’est pas un chemin facile. Les qualités d’intelligence mises en œuvre s’affinent progressivement car, si nous sommes souvent aidés par des tests psychologiques ou autres pratiques, à un moment donné, seule notre propre conscience de nos réactions émotionnelles et de nos comportements nous permet de Voir ce qui est à l’oeuvre au tréfonds de notre psyché. Comme tout bon artisan, c’est grâce à une pratique constante que nous améliorerons la perception de nos mécanismes internes : « remettre cent fois l’ouvrage sur le métier ».

Lorsque une personne que j’accompagne entreprend ce voyage et qu’elle en comprend tout l’avantage, alors je lui dis en riant : « maintenant, c’est trop tard ! Tu viens d’emprunter un chemin qui n’a pas de fin et que tu ne pourras plus interrompre ».

Krishnamurti, un homme qui fut et reste un grand enseignant sur ma route, nous livre ce texte :

« Ainsi pour comprendre les innombrables problèmes auxquels est confronté chacun d’entre nous, n’est-il pas essentiel de se connaître soi-même ? La connaissance de soi – qui ne signifie pas que l’on s’isole, que l’on reste à l’écart – est l’une des choses au monde les plus difficiles. De toute évidence, il est fondamental de se connaître soi-même, mais cela ne suppose nullement de se tenir à l’écart de toute relation. Et ce serait vraiment une erreur de penser que l’on puisse se connaître de manière significative, pleine et entière, en s’isolant, en s’excluant, ou en s’adressant à quelque psychologue ou à quelque prêtre ; ou de croire que la connaissance de soi puisse s’apprendre dans un livre. Cette connaissance est bien sûr un processus, pas une fin en soi, et pour se connaître, il faut être conscient de ce que l’on est dans ses actions mêmes – c’est-à-dire dans ses relations. Ce n’est ni dans l’isolement, ni dans le repli que l’on découvre sa vraie nature, mais dans les liens de relation – ceux qu’on a avec la société, avec sa femme, son mari ou son frère, avec l’humanité. Mais pour connaître ses propres réactions, ses propres réflexes, il faut faire preuve d’une vigilance d’esprit, d’une acuité de perception hors du commun ».

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